Jibrile revient !

Après un an d’absence, Jibrile revient.

Nos lecteurs savent que, considérant avec dépit – et parfois écœurement – les revues financées par des fonds étatiques, privés ou par des logiques d’actionnariat interne, nous avions choisi, par principe d’humilité et d’autonomie, un autofinancement dont nous nous sommes vite rendu compte qu’il serait à perte (le prix des revues et des abonnements ne couvrant pas nos frais), un tirage restreint ainsi qu’une distribution basée sur l’enthousiasme et le zèle de quelques libraires et de nos lecteurs – qu’il faut ici remercier de tout cœur ! Le succès de la revue allant croissant avec les difficultés financières (une véritable parabole de notre époque !), nous nous sommes même rabattus sur l’option d’un distributeur professionnel – en vain.

Nous avons donc pris un an pour réfléchir au destin de Jibrile et nous nous sommes finalement résolus, non sans peine et cas de conscience, à la mettre en ligne. D’aucuns nous reprocheront peut-être d’avoir trahi la défense des idées luddites et de nous être livrés au monstre-flux. Et il est vrai qu’en plombant nos mots de java et de html, nous devenons dépendants de techniciens et soumis au contrôle social inhérent à la logique de fonctionnement du monde virtuel.

Mais, à bien y penser, nous ne sommes pas plus ou moins dépendants des techniciens qu’avant (les techniciens du net ont remplacé ceux de la logistique) ; simplement, cette dépendance est, actuellement et paradoxalement, notre seule condition de survie. Quant au contrôle social, il est, comme la technologie, partout, absolument partout ; on ne lui échappe même plus par le silence. Or, depuis les débuts de Jibrile, nous avons opté pour la périphérie, et pas pour la marginalité ou la disparition : être en marge, c’est participer au système sans en avoir l’impression ; disparaître, c’est par définition se couper du réel, ce qui n’est pas notre optique. Au contraire, être en périphérie consiste à ne pas être dupe de sa participation forcée au système, savoir qu’il n’est nulle part où se cacher à moins d’abandonner les autres et agir discrètement, avec obstination, honnêteté et humilité.

Ainsi, apparaître sur Internet nous offre au moins de gagner en souplesse, de nous laisser plus de temps et d’espace pour travailler nos dossiers, et, ce qui n’est pas des moindres, de diffuser nos textes gratuitement auprès de nos lecteurs.

Nous avons donc réorganisé de fond en comble la présentation du site, qui adopte désormais le découpage de la revue papier. L’enrichissement de ses diverses rubriques sera plus aléatoire mais, nous l’espérons, plus régulier qu’à l’époque héroïque des tirages de nos numéros.

Jibrile reste donc à part entière une publication, sans se soumettre à la logique bavarde des blogs et autres forums de discussion. Nous comptons de la sorte maintenir la rigueur, le ton, l’implication et l’intransigeance qui font la spécificité de notre travail. En ce sens, notre éditorial programmatique logé en page d’accueil n’a pas à changer d’un iota.

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Jibrile est une revue de critique littéraire et politique, au sein de laquelle cohabitent analyses de fond et parole pamphlétaire, argumentation cohérente et implication personnelle. Elle a vu le jour en mai 2003, à Liège en Belgique. Elle est dirigée par Frédéric DUFOING (philosophe et politologue) et Frédéric SAENEN (Agrégé en langues et littératures romanes, auteur et critique).

Le « programme de travail » des directeurs de Jibrile, envisagé comme un baroud d’honneur intellectuel, pourrait tenir en quelques phrases : critique de la (post)modernité, du technologisme (et de sa logique), de l’Occident en tant que projet d’autocréation de l’homme, que processus de déréalisation et que système d’oubli de l’altérité ; défense de la liberté comme système de refus du pouvoir et recherche de l’humilité, de la droiture morale comme de la frugalité matérielle ; défense de l’humanité contre l’humanisme, donc de l’humanité contre ce qui, sous prétexte de l’améliorer ou de s’approprier ses origines, la contrôle ou la détruit.

Jibrile se veut rigoureuse, documentée et ouverte sur le monde. Elle revendique également le droit à la colère quand il s’agit de dénoncer ce pour quoi elle n’a aucune tolérance : le système de mauvaise foi de l’époque où nous vivons et le flou des raisonnements, première arme de l’arbitraire du plus fort.

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Nouveautés

  • 21/05/2008
    Un vent de fraicheur sur le site de Jibrile !

"Nous sommes faits" :rencontre avec Célia Izoard, à propos de l'ouvrage collectif "La Tyrannie technologique"

Une série de kinochroniques signées Frédéric Dufoing

  • 08/11/2007
    Enfin des nouveautés sur le site de Jibrile !

Six nouvelles kinochroniques de Frédéric Dufoing, un nouveau cahier et trois nouveaux dossiers

  • 17/08/2007
    Des tonnes de nouveautés sur le site de Jibrile !

Dix nouvelles kinochroniques de Frédéric Dufoing

Le langage de l’anti-antisémitisme : névrose verbeuse et haine de la littérature par Laurent James

Dans la rubrique "Actuelles":
BLOCK Lawrence, Ariel, de Samia Hammami ,

CROUSSE Nicolas, Le Complexe belge ,de Frédéric Saenen

FOLHEN Claude, Histoire de l’esclavage aux États-Unis ,de Frédéric Saenen

JOURDE Pierre, Carnets d’un voyageur zoulou dans les banlieues en feu ,de Frédéric Saenen

Dans la rubrique "Intemporelles":
THOREAU Henry D., Essais, Introduction de Michel Granger, de Frédéric Saenen